• Colonel By News

Is Quebec’s new curfew criminalizing homelessness?


(Mahoney, 2021)

Emma Bainbridge

22/01/2021


On Saturday, January 9, the province of Quebec’s new strategy to try and stop the rise in COVID-19 cases officially came into effect. The province decided to implement a curfew, in which citizens caught going outside after 8 pm could be fined anywhere between $1000 and $6000. Although many people acknowledge that tougher measures against COVID-19 are in order, critics of this policy claim that it is out of touch with the reality of many Quebecers currently living on the streets.


‘Acceptable’ reasons to be outside past curfew include going to and from work, seeking medical attention, and even walking a dog, but homelessness is notably absent from the list. For those who work with homeless people on a daily basis, this is simply not acceptable. As homeless people have no control over their housing situation, it’s unlikely that giving them a fine will do anything more than adding another stressor into their lives.


Quebec Premier François Legault has addressed this issue, saying that there was enough room available in shelters for homeless people to go indoors, although people on the ground disagree. Nakuset, executive director of the Native Women’s Shelter in Montreal, tells CBC that many shelters are limiting their capacity in order to limit the spread of the virus. She does not believe there is enough space, and worries about the self-esteem of homeless people if they get ticketed. For this reason, Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais, an organization based in Gatineau, is calling for a moratorium on ticketing near the city’s shelters. Quebec Public Safety Minister Geneviève Guilbault assured the public that police would try to help the homeless find shelter rather than ticketing them. However, Native Women’s Shelter co-ordinator Jessica Quijano tells CTV News that Indigenous women have been ticketed and that these new laws only give police more power to exert over communities already targeted by racial profiling.


There have also been questions raised about the safety of shelters as opposed to staying on the street. Since the holidays, the number of COVID-19 cases has shot up among the homeless population as well as those who work with them. Many homeless people don’t want to go to shelters for fear of being infected. Community groups are calling on the Quebec government to make homeless people and those who support them a priority group for vaccination, as they do not currently figure within the nine priority groups identified by the province.


As COVID-19 cases climb across Canada, many provinces are looking to impose tougher restrictions with the hope of flattening the curve. However, the situation of Quebec shows that in order to successfully reduce the number of cases, the realities of the most marginalized groups must be taken into account. Further criminalizing people for circumstances out of their control is not an effective way to fight a pandemic, something that provinces must acknowledge if they want to reduce their cases.


FRANÇAIS


Traduit par Julia Dan


Le samedi 9 janvier, la nouvelle stratégie de la province de Québec pour tenter d’arrêter la hausse des cas de COVID-19 est officiellement entrée en vigueur. La province a décidé de mettre en place un couvre-feu, dans lequel les citoyens surpris en train de sortir après 20 h pourraient être condamnés à une amende de 1 000 $ à 6 000 $. Bien que de nombreuses personnes reconnaissent que des mesures plus sévères contre le COVID-19 sont de mise, les détracteurs de cette politique affirment qu'elle est déconnectée de la réalité de nombreux Québécois vivant actuellement dans la rue.


Les raisons « acceptables » d’être dehors après le couvre-feu incluent le fait de se rendre au travail et d’en revenir, de demander des soins médicaux et même de promener un chien, mais le sans-abrisme est notamment absent de la liste. Pour ceux qui travaillent quotidiennement avec des sans-abri, ce n'est tout simplement pas acceptable. Les sans-abri n’ayant aucun contrôle sur leur situation de logement, il est peu probable que leur infliger une amende fasse autre chose qu’ajouter un autre facteur de stress dans leur vie.


Le premier ministre du Québec, François Legault, a abordé cette question en disant qu'il y avait suffisamment de place dans les refuges pour que les sans-abri puissent aller à l'intérieur, bien que les gens qui observent la situation ne soient pas d'accord. Nakuset, directrice générale du foyer pour femmes autochtones de Montréal, dit à CBC que de nombreux refuges limitent leur capacité afin de limiter la propagation du virus. Elle ne pense pas qu'il y ait suffisamment d'espace et s'inquiète de l'estime de soi des sans-abri s'ils reçoivent une contravention. Pour cette raison, le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais, un organisme basé à Gatineau, demande un moratoire sur la billetterie à proximité des refuges de la ville. La ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a assuré au public que la police essaierait d'aider les sans-abri à trouver un abri plutôt que de leur donner des billets. Cependant, la coordonnatrice du refuge pour femmes autochtones, Jessica Quijano, a déclaré à CTV News que les femmes autochtones avaient reçu une contravention et que ces nouvelles lois ne faisaient que donner à la police plus de pouvoir sur les communautés déjà ciblées par le profilage racial.


Des questions ont également été soulevées quant à la sécurité des abris par opposition au fait de rester dans la rue. Depuis les vacances, le nombre de cas de COVID-19 a augmenté en flèche parmi la population des sans-abri ainsi que ceux qui travaillent avec eux. De nombreux sans-abri ne veulent pas aller dans les refuges par peur d’être infectés. Les groupes communautaires demandent au gouvernement du Québec de faire des sans-abri et de ceux qui les soutiennent un groupe prioritaire pour la vaccination, car ils ne font pas actuellement partie des neuf groupes prioritaires identifiés par la province.


Alors que les cas de COVID-19 augmentent à travers le Canada, de nombreuses provinces cherchent à imposer des restrictions plus strictes dans l'espoir d'aplatir la courbe. Cependant, la situation du Québec montre que, pour réussir à réduire le nombre de cas, il faut tenir compte des réalités des groupes les plus marginalisés. Le fait de criminaliser davantage les gens pour des circonstances hors de leur contrôle n'est pas un moyen efficace de lutter contre une pandémie, ce que les provinces doivent reconnaître si elles veulent réduire leurs cas.


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